mardi 12 juin 2018

17 décembre 1950...26

Nous déménageâmes juste à la sortie de Paris, la dernière station avant le château de Vincennes, quartier chic, pas loin de Nation.
Là c'était différent, nous avions une très jolie chambre pour deux et nous avions accès à la salle de bain. C'était chez une dame qui habitait une grande maison bourgeoise.
Elle louait aussi à deux garçons, un qui travaillait aux impôts et l'autre qui était étudiant.
Nous sympathisâmes avec celui des impôts, il était mignon, il était de "Brive- La-gaillarde" j'aimais beaucoup son accent du Sud...et lui aussi...lol...
Notre hôtesse était une vieille dame charmante, qui nous invitait à jouer au rami les dimanches après-midi pluvieux. Car j'étais arrivée sous le soleil du mois d'août, mais là, on entrait dans l'hiver. J'avais appris à naviguer dans le métro, et ça allait bien. 
J'allais avoir mes 17 ans le 17 décembre...nous allâmes à Flers pour Noël, oh pas longtemps vu qu'on travaillait toutes les deux dans le commerce. Pour faire des économies, car on avait pas un sous, on allait en stop.
Paris / Flers un peu plus de 250 km...nous mettions un certain temps...pour arriver. On avait peur de rien, et à chaque voyage on faisait comme ça.
Vous allez rire, un jour, j'ai même croisé mon frère qui faisait du stop dans l'autre sens...nous, on rentrait et lui partait sur Flers...ha les années soixante, j'aimerais que tout le monde les ait vécu.
Nous étions en janvier, quand le directeur du magasin m'appela dans son bureau...
Mademoiselle, nous n'avons plus besoin de vos services, vous prendrez votre certificat et votre compte à la sortie...ce soir!
Punaise, celle la je ne m'y attendais pas du tout...je n'avais pas beaucoup de temps ni d'argent pour me retourner!
Cette chère Madame Andrée, essaya de le faire changer d'avis, mais j'étais la dernière arrivée, et on entrait dans une période creuse...
Pendant deux jours, je fis les petites annonces, rien dans le commerce! Je fis une tentative dans une boulangerie car on était nourris logée...mais franchement, c'était pas mon truc, je n'étais pas assez grande pour attraper les baguettes! Même si j'adorais l'odeur du pain le matin...et puis le 16ème arrondissement, je ne connaissais personne!
Ma copine, elle, avait du nouveau, sa mère et sa sœur avait décidé de venir vivre à Paris. 
Sa mère avait trouvé une loge de concierge BD Malesherbes...et sa sœur un boulot à la sécu...quelle chance!
C'était ma meilleure amie, mais elle ne me proposa pas de me dépanner en attendant que je trouve quelque chose. Nous avions grandi ensemble au Clos Morel, j'étais partie à Paris à cause d'elle, et elle n'a pas hésité à me lâcher direct!
Première grosse déception...comme disait maman, c'est comme ça qu'on apprend à vivre...
La mort dans l'âme je n'eus d'autre choix que de revenir à la case départ...Flers!
Heureusement, maman n'était pas rancunière, car je lui en avais fait des misères pour qu'elle me laisse partir!!!!!
Bien sûr pour trouver un job dans les magasins en janvier à Flers...c'était pas mieux qu'à Paris, sauf que je n'avais pas de soucis à me faire pour l'hébergement. 
Je végétais une à deux semaines car je savais qu'en février il y avait le mois de la parfumerie, alors j'irais m'inscrire à Prisu et à Monop...
j'avais bien sûr été voir mes copines des NG, car La Marie y était toujours, mais je n'avais pas osé demander...à revenir au bercail...
Mais après mes deux demandes infructueuses aux deux magasins...j'imaginais un plan que je trouvais très culotté...
Je savais que le directeur des NG et celui du Prisu en face ne s'aimaient pas du tout...et ne se parlaient même pas...
Je fis donc courir la nouvelle que j'étais embauchée au Prisu...à mes copines des NG...qui bien sûr parvînt aux oreilles du directeur...
Deux jours après j'allais voir mes copines et je tombais malencontreusement sur Jeannot... hi hi hi, le directeur...qui me foudroya du regard et se dirigea vers moi...Melle...J...j'ai appris que vous alliez aller travailler en face...? Oui monsieur, je commence la semaine prochaine...
Mais quel culot, je n'ai jamais été à un mensonge près, et jamais timide, je tiens ça de ma mère...
Montez avec moi dans mon bureau qu'il me dit le monsieur...faisant mine de rien, j'entrais avec lui, il me fit asseoir et me dit qu'il n'était pas question que j'aille travailler chez le concurrent, car c'est ici que j'avais été formée...etc...Si vous voulez... vous pouvez revenir... 
Bien sûr en tant que vendeuse, plus apprentie...je gagnerais donc un peu mieux ma vie...en attendant...de mettre de l'argent de côté pour repartir...à Paris!!!
L’inconscience de la jeunesse, c'est affolant...!

Cette année là on passait à la radio...sur SLC...n° 1 au Hit-parade...









9 commentaires:

  1. Il faut de l'audace pour arriver à faire sa place dans le monde du travail ma Jo... Et du courage, bien sûr !
    Bises et bon mercredi

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  2. Récit très agréable à lire. Tu étais pleine d'audace et tu avais bien raison, puisque cela a été positif.
    J'apprécie toujours autant te suivre dans ton apprentissage de la vie.
    Bisous

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  3. C'était drôlement bien, "les trente glorieuses".
    Imagine comment une gamine de 17 ans ramerait aujourd'hui.

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  4. Tu imagines faire du stop aujourd'hui, j'en ai fait aussi un petit peu.

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  5. Ah ! nostalgie ! C'est toujours avec le même plaisir que je te lis, même si je ne fais que passer...

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  6. Bien joué ☺
    La plus longue distance que j'ai faite en stop, c'est Orange/Tours...
    Mois c'était en 1977/1978, maintenant je ne prends personne, trop risqué...
    Bon we
    Bisous

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  7. Je te souhaite en pleine période de repos afin de profiter au mieux de l'été.
    Pause et repos afin de profiter de beaux instants…
    Grosses bises

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  8. Dis, quand est-ce que tu nous mets un article pour nous montrer des photos de la mer et nous parler un peu de comment tu occupes ton été ?...Ca ferait plaisir...et pis, on a le temps de se balader sur les blogs. Ca fait presque une semaine que je ne sors plus..

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  9. Alors, toujours pas d'article en vue ? Comme il pleut, que l'orage gronde, comme il fait gris dans la maison, se balader sur les blogs est une saine occupation. Allez, rien qu'une photo du Mont St Michel et je serais aux anges...Non, pas dans la baie des anges, tout aussi belle que le Mont...

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