vendredi 1 juillet 2016

17 décembre 1950...



Aux « Nouvelles Galeries » je m’adaptais très bien, au début j’étais surtout au sous-sol à la réserve avec Mr Al et Tafono ! On ouvrait les cartons qui arrivaient toute la sainte journée, et j’allais ranger la marchandise qui concernait la parfumerie, dans une pièce du fond qui nous était réservée.
Je découvrais des merveilles, des parfums luxueux, avec plein d’échantillons qui allaient directement dans notre poche, vu que la magasin n’était pas encore ouvert...on marquait les prix avec une Dimo, tout en bavardant. Tafono nous racontait des histoires de sa jeunesse, de temps en temps nous avions la visite du directeur qui arrivait toujours à pas de loup...c’était surtout à Tafono qu’il s’adressait, pour les autres, c’était juste bonjour de la tête.
Avec maman, nous avions signé un contrat d’apprentissage pour trois ans. Je vais vous en mettre un extrait que j’ai relu il y a peu et qui m’a fait tellement rire que je vais le partager avec vous. Vu que j’avais quatorze ans et demi, mon salaire serait de 50fr par mois la première année, 75 frs la seconde année, et 100 frs la troisième année...bien sûr cet argent serait pour maman qui me logeait et me nourrissait, m’habillait, heureusement que pour l’argent de poche j’avais ma très chère tante Céline. Mais les besoins étaient minimes à l’époque. Au début, car au fil du temps je me mis à sortir le samedi soir et le dimanche avec les copines, pour trouver un copain...rires...
J’avais une copine qui cherchait du travail, elle habitait aussi le Clos des châtaigniers, je lui avais conseillé de venir voir le directeur car je savais qu’il cherchait quelqu’un pour le rayon bas nylon...elle fût embauchée et je me sentis moins seule avec les adultes.
Ma responsable première vendeuse, celle qui venait de Paris, Mr Al l’avait surnommé « Banban » c’était plus facile à dire que son nom de famille, elle faisait partie des rapatriés d’Algérie, physiquement elle avait un look...très parisien, à la Mireille Darc, toute mince et grande, blonde platine, super maquillée, ce fût mon modèle immédiatement ! Déjà parce qu’elle venait de Paris, pour moi, dans les années soixante paris c’était mon « Rêve américain ».
Elle m’apprenait plein de choses, m’avait pris sous son aile, le midi son mari passait la prendre avec une super DS, il était beau à tomber...ils nous raccompagnaient au clos des châtaigniers la Marie et moi.
La chanson tube du hitparade cette année-là c’était « les élucubrations » d’Antoine. Toutes les chansons nous rappellent des époques, c’est pour cela que nous sommes nostalgique, en tout cas moi je le suis.
Comme on n’avait pas un gros salaire et qu’on ne le gardait pas, heureusement qu’on était dans un magasin...pour ce que je vais dire maintenant il y a prescription, surtout que c’était en toute innocence, ce n’est que bien plus tard quand j’intégrais un grand magasin à Paris que je compris ce qu’était « la démarque inconnue ».
Quand on filait un bas, on se servait dans le rayon, et on allait se changer dans les toilettes...sans se cacher, pour nous, la Marie (l’autre apprentie) et moi, c’était normal...sinon nous aurions été obligées d’être jambes nues été comme hiver...voyons ce n’était pas possible...pour le maquillage et le parfum, on avait aussi tout sous la main...jamais l’idée ne nous est venue que ce n’était pas bien de faire ça...il faut dire aussi que personne ne nous disait rien !
Quand on sortait le samedi soir, au début c’était juste au cinéma Palace, on empruntait des choses qu’on rapportait le mardi...si si...
Un jour, même... Tafono nous appela pour nous faire voir ce qu’elle venait de recevoir dans un colis...car il y avait aussi les fringues au premier étage...vous ne devinerez jamais ce que c’était...
Les robe de Sylvie Vartan...vous savez celle en voile avec laquelle elle chante « la plus belle pour aller danser »...il y en avait en trois couleurs, turquoise, blanche, saumon...des pures merveilles, on avait les yeux qui nous sortaient de la tête la Marie et moi !
Bien évidemment pour moi ce n’était même pas la peine que j’essaie, je mesurais un mètre quarante à tout casser...mais la marie, elle, aucuns soucis...
Sylvie Vartan qui était en plein succès yéyé avait sorti une collection de vêtements, et c’était arrivé jusqu’à nous...Quand la Marie a essayé la robe, elle lui allait comme un gant...oh punaise...une vraie princesse...
à suivre... 

regardez la troisième ligne...en dessous de vendeuse...( en bon père de famille) le directeur devait prendre soin de moi en bon père de famille...oh punaise je devrais l'encadrer...hi hi..
écoutez la chanson pour mieux voir la robe...pour ceux qui ne connaissent pas..


Vous avez le droit...et l'obligation...hi hi de partager ce blog, merci d'avance...kiss et bon WE.
 

9 commentaires:

  1. Coucou Tarrah, tu n'as pas possibilité de mettre une newsletter?

    J'ai bossé l'été dans un magasin, je me suis servie aussi...
    En fait, je suis de début juillet, et quelques jours après la patronne me disais : il aurait fallu me le dire plus tôt, vous vous seriez choisi une bague ! Alors, j'ai fini par la choisir toute seule...
    Je bossais du 1er au 31 juillet, pas déclarée (mes parents ne le voulaient pas) sans aucun jour de congé, même pas payée au smig, donc c'était du vol de récupération ;)
    Et puis toi, tu ne te cachais pas.
    Bon we
    Bises drômoises

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Fabie, j'ai aussi bossé l'été sans être déclarée. Chez un avocat du barreau de Paris qui plus est. Ceux-là, les avocats, je ne peux pas les voir en peinture. A l'époque, on était pas très regardant sur les conditions de travail des jeunes. Maintenant, c'est l'excès inverse.

      Supprimer
  2. 14 ans et demi. L'âge de mon petit fils. Franchement, je ne le vois pas aller travailler toute la journée, 6j/7, même pas 5jours.
    A l'époque, les patrons n'étaient pas tendres avec leurs apprentis. Toi, ma foi, tu avais l'air heureuse aux Nouvelles Galeries.
    Je relève : Il s'engage à laisser à l'apprenti le temps et la liberté nécessaires pour suivre les cours professionnels.
    Alors, là ! Mon mari m'a raconté son apprentissage, son boulot d'esclave. Jamais, on ne l'a laissé tranquille un moment pour faire ses cours (et oui, les cours, tu devais les faire le soir, après le boulot. Mon mari me disait qu'il était si fatigué, il rentrait si tard qu'il n'avait plus la force de les faire. Pourtant, il fallait bien les rendre à la date prévue sous peine de voir les allocations familiales suspendues.
    Il n'y a pas longtemps, il s'est rendu compte qu'on lui avait "sucré" délibérément aussi son lundi matin qu'il aurait dû avoir. C'était noté sur son contrat de travail. Ses parents n'ont rien vu et s'en fichaient probablement, les patrons ayant tous les droits.
    Bien-sûr, sa pauvre paye de forçat, il la donnait aussi entièrement à ses parents.
    Pauvres petits apprentis. J'avais un frère qui avait travaillé dans le bâtiment, qui se ramassait des raclées, qu'on faisait travailler 10 heures/jour. Va donc faire ça maintenant à des mômes de 16ans.

    RépondreSupprimer
  3. Demain, le Tour de France commence. Vous allez aller le voir ? Juste pour nous faire une ptite photo, une petite photo de la course avec en toile de fond le majestueux Mont St Michel. Please, please. Si tu me fais ça, j'irai brûler un cierge pour toi pour que tu gagnes au loto.

    RépondreSupprimer
  4. Inscrite à la newsletter ;)
    Je ne vois pas de pub, sur aucun blog d'ailleurs, car j'ai adblock plus.
    Oui, des photos des cyclistes au pied du Mont St Michel, je laisse les cierges à Juju ;)

    RépondreSupprimer
  5. Tu connaissais la démarque inconnue même à 14 ans, lorsque j'ai voulu travailler dans une grande librairie après avoir vendu ma première librairie, la première chose dont on a parlé avec le responsable, c'était de la démarque inconnue et il m'a dit que c'était le principal souci avec les employés.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. oui mais tu étais à Paris moi e province...pas la même mentalité, plus en retard...

      Supprimer
    2. bonjour joelle !! en 1962 ,14 ans , 6 francs par mois la première année ( autant dire rien ,mais j'ai souvenir que la patronne arrondissait à 10 !!!lol) 10 fr la deuxième et 12 la troisième . !!!J'étais une très bonne apprentie ,j'ai été la première de ses arpètes à avoir le Cap et l ' EFFA , autant dire que je ne lui ai pas mangé d'argent !! 3 ans plus tard ,elle me proposait de prendre l'affaire ,mais j'étais trop jeune et j'avais soif de liberté ! Les temps ont bien changé ,mais je ne regrette pas cette époque !! bisous .elvy

      Supprimer
  6. Les temps ont bien changé depuis pour les apprentis et les employés.
    Plus de sécurité, plus de protection, plus de reconnaissance sans doute, moins d'heures travaillées, mais plus de difficulté pour trouver un emploi.
    Chaque période a ses bons et ses mauvais côtés, mais il est tout de même impossible de regretter ces temps lointains.
    Je viens de m'inscrire. A bientôt. Bises

    RépondreSupprimer

Les trolls seront poubellisés immédiatement