jeudi 21 juillet 2016

17 décembre 1950...22



Il était gentil Pierrot, oh, ce n’était pas le genre à m’écrire des lettres enflammées, ça me convenait bien mieux, il n’avait que dix-sept ans. En fait j’étais amoureuse des deux ! il fallait jongler pour les RDV, en principe je savais les we où Nicki venait, sauf une fois...
C’était un samedi soir, du magasin je n’avais vu passer ni l’un ni l’autre, mais je savais que Pierrot viendrait me chercher à la sortie. On se ferait sans doute un cinoche, ensuite il me raccompagnerait et on passerait une heure voir plus à nous embrasser sous le chêne.
La Marie qui avait descendu les deux étages avant moi, les remonta illico pour me dire que Pierrot m’attendait au bout de la rue, et Nicki aussi...la cata ! En plus il n’y avait qu’une seule sortie...
La Banban, si vous suivez vous savez qui elle est, « sinon il vous faut remonter plus haut » Me dit ne t’affole pas, la Marie va dire à Nicki que tu as été obligée de rentrer chez toi car tu n’étais pas bien, et je vais dire la même chose à l’autre, et toi tu restes dans le couloir, tu attends que je revienne te chercher et on te remonte en voiture ! Elles étaient bien gentilles.
Voilà ce que c’est que de courir deux lièvres à la fois ! Je me suis retrouvée à passer le samedi soir toute seule, enfin sans copain, car j’avais encore les copines, nous avons passé la soirée à écouter nos chanteurs...mais j’étais en colère après moi ! Il allait falloir que je choisisse entre les deux...et là, en bonne normande j’aurais du mal à faire un choix !
Dans notre ville quand j’étais gamine, il y avait tous les ans la Mi-Carême, avec plein de chars, manèges et tout et tout. Mais il y avait aussi l’élection de la reine du carnaval à élire. La Marie décida et on l’y poussa un peu à se présenter à l’élection. Elle était mignonne, car elle avait une taille mannequin, toutes les robes lui allaient, des fois, même, elle servait de modèle pour les essais quand il y avait des commandes à passer...
Nous avions un QG, c’était le bar de la grande rue, « chez Mr et Mme Robert » ils étaient supers gentils avec nous et nous faisaient crédit quelques fois...c’était un peu notre Laurette à nous, d’ailleurs la chanson tournait sans arrêt dans le jukebox...le problème c’est que, la fille du café allait aussi se présenter à l’élection...les moyens n’étant pas les mêmes que ceux de la Marie, bien sûr il y aurait de la compétition. Sauf que nous...on avait le magasin...hi hi...  « Libre-service », avec la complicité des filles du premier étage, car tout le monde était dans la confidence et il fallait qu’elle gagne, car en plus il y avait des beaux cadeaux à la clé. Mais la fille du café une très jolie blonde au yeux bleus, cheveux longs, chignon choucroute, la Marie, elle, était auburn pas naturelle, et avait les cheveux plutôt courts.
Le soir de la présentation devant un jury et le maire, sans public, elle était je crois la mieux habillée et coiffée de toutes les candidates, sans aucune fringue à elle, même les chaussures...étaient un prêt...rires ! C’était la plus belle de la soirée...nous étions toutes très confiantes, mais on avait quand même le tract...il y aurait une reine et deux demoiselles d'honneur...
il y avait aussi ça dans le jukebox...magnifique...



si vous pouvez mettre un com et faire partage ce serait bien!!!!!!! merci à vous!

lundi 11 juillet 2016

17 décembre 1950...21

Il me donna rendez-vous pour le dimanche après-midi, juste avant de  reprendre son train pour Saint Cyr…il était tout triste quand je lui dis au revoir sur le quai, et il me fit jurer de lui écrire sans faute avant qu’il ne revienne !
Cela me fit peur, quand en milieu de semaine je reçu une lettre enflammée, avec des je t’aime(s)…Oh là, je n’étais pas prête à cela, moi, je lui répondis une lettre de gamine de 15 ans, qu’il dû trouver bien fade…mais il n’y avait rien qui sortait, il fallait que je le revois et au minimum que je tombe amoureuse ! J’oubliais et je passais à autre chose.

Le mardi matin à mon retour au magasin, je fût bien obligée de dire à la vendeuse titulaire de la bijouterie que j’avais perdu les boucles d’oreilles, heureusement elle était très gentille, me dit de ne plus jamais recommencer et personne ne sut jamais rien, mais cela me calma.

Le rayon parfumerie des NG était super bien placé, ainsi que le rayon bas nylon. Ils étaient juste dans l’entrée voir la photo dans l’article d’avant. Alors la Marie et moi, nous regardions souvent dans la rue, car même si le magasin était beau et neuf, c’est surtout le samedi que nous avions beaucoup de monde, la semaine c’était tranquille. Mais pour voir les potes passer ou même pour draguer, c’était génial et on ne s’en privait pas ! Et puis, le bon Dieu nous a donné des yeux, alors autant nous en servir on regardait mais on ne couchait pas !

OK, j’étais passée à autre chose, sauf que...pas lui. Et quand je le vis passer la porte du magasin, mon cœur se mit à battre très fort, c’est vrai, punaise, il était craquant...en plus j’aimais beaucoup son prénom qui n’était pas très courant...De toute façon, il savait où je bossais, où j’habitais...il ne m’aurait pas été facile de me planquer ! la Marie me faisait l’article, et ce qui m’attirait aussi beaucoup, il avait un solex...Dans ma ville, les mecs avec un Solex étaient très peu disponibles pour les filles de milieux modestes comme moi, c’était plus les étudiants qui en possédaient, les autres garçons, moins stylés en gros, ceux qui travaillaient en usine avaient des mobylettes...à quinze ans, les apparences comptent beaucoup, en tout cas c’était mon cas, heureusement que j’ai changé un peu plus tard, car comme pétasse on ne pouvait trouver mieux...rires...

Alors j’ai fini par devenir amoureuse du beau petit blond, je l’appelais Nicki...ça faisait américain...le souci, c’est qu’on ne se voyait pas souvent, environ deux fois par mois et quand il avait des permissions plus longues...il s’était engagé dans l’armée, car je crois que ses parents ne lui avait pas donné le choix, il commençait à faire des petites bêtises, que m’avait dit la Marie, je n’en ai jamais parlé avec lui.

On s’écrivait, j’ai longtemps gardé ses lettres, que j’entourais d’un ruban bleu...et puis un jour, je fis exprès de les oublier dans un studio que j’habitais à Paris. C’est nul, j’aimerais bien les relire, rien que pour voir les conneries qu’on doit raconter quand on a quinze ans en mille neuf cent soixante-cinq !

Comme il n’était pas souvent là, j’avais fait la rencontre d’un autre garçon...lui, était étudiant, mais en pension dans une ville à côté, j’avais le chic pour trouver mes flirts, moi, pas un à côté de moi !
Pierrot, lui aussi était mignon, mais tout l’opposé de Nicki, il était rapatrié d'Algérie et n’était en France que depuis 1962...brun aux yeux marrons.


On partage et on laisse un com? merci d'avance...bisous.

vendredi 8 juillet 2016

17 décembre 1950...20



Quand tu as eu quinze ans en 1965, on peut se dire qu’on a eu de la chance de vivre cette époque, des sixties qui furent suivies des années disco qui n’étaient pas mal non plus, mais n’arrivaient pas à la cheville des chanteurs des sixties 
Mon premier flirt, je l’ai rencontré au cinéma Palace, nous étions allées à une séance du samedi soir, ça commençait à 21 h, ce soir-là, nous devions rencontrer des copains de la Marie, on se retrouverait devant le cinoche ! Il y avait aussi ma copine Vivi et sa sœur.
Nous prîmes des places au « balcon » on aimait bien le balcon ! Comme nous étions en bout de rang, les garçons avaient dû se mettre sur le rang derrière nous.
C’était la première fois que je sortais avec des garçons, j’avais essayé de me faire jolie, et pour finir le tableau de maquillage, j’avais emprunté une paire de boucles d’oreilles à la bijouterie... que je remettrais en rayon le mardi, vous savez les boucles avec des pinces qui te faisaient super mal aux oreilles…
Je devais être à mon avantage car je me suis fait draguer, d’une façon assez particulière, par le garçon qui était assis derrière moi ! Le film était commencé depuis peu, avant il y avait eu les réclames, avec le petit bonhomme au marteau…quand je senti une main toute douce dans mes cheveux, qui me caressait la nuque…au début j’avais un doute, alors je fis semblant de rien, mais comme il insistait, je me retournais le plus discrètement possible pour voir à quoi il ressemblait ! Bé oui, soit il fallait que je l’envoie promener, ou soit il fallait que je me laisse faire…
Je me penchais vers la Marie pour savoir si elle le connaissait… elle me dit que oui, et qu’il était très mignon ! Après un coup d’œil discret, je vis qu’il ne regardait pas le film, mais moi ! je devais être toute rouge, heureusement qu’on était dans le noir…mais c’était vrai, il était très très mignon ! Alors je me laissais faire, car moi, le truc qui me tue, c’est qu’on me câline la tête, les cheveux… d’ailleurs j’aime le coiffeur pour ça, hi hi !
Et puis l’entracte arriva…nous nous retrouvâmes tous au rez de chaussée, les garçons sortirent et moi je restais à l’intérieur avec les filles pour me rencarder sur le sujet si attirant qui me trouvait à son goût, Il avait des yeux très bleus et pétillant de malice, des cheveux blond très courts, style (James Dean), il était craquant, et je n’en revenais pas qu’il s’intéresse à moi, plutôt qu’aux copines qui étaient aussi célibataire que moi et plus jolies, enfin, je le pensais...
Nous remontâmes au balcon, pour la suite du film, sauf que là, il y eut changement de place, si bien qu’à la place de Marie, s’installa le petit blond…premier vrai baiser…et oui, on était pure et vierge à 15 ans…
La séance fût chaude…hi hi
C’est quand les lumières se rallumèrent que la panique s’empara de moi ! Il me manquait une boucle d’oreille ! J’en étais malade, tout le monde se mit à la chercher ! Rien, on ne trouva rien ! Je ne pourrais pas la remettre en rayon et pour moi cela voudrait dire vol, j’étais une voleuse ! Emprunter ok si tu remets en place, ni vu ni connu, mais là, plus possible ! Du coup ça me gâcha le reste de la soirée, même si le joli petit blond me raccompagna jusqu’en bas de l’HLM…en s’arrêtant toutes les cinq minutes pour m’embrasser… je lui posais quelques questions, quand même, son âge, ce qu’il faisait dans la vie…je faillis défaillir quand il m’annonça qu’il était dans l’armée, d'où les cheveux courts et que là, il était en permission, et surtout, qu’il avait dix-huit ans !!! Punaise c’était un vieux ! En plus il n’habitait pas ma ville…mais il était tellement mignon, c’est qu’à quinze ans, le physique c’est très important pour les filles…le reste on s’en fiche un peu, du moment qu’il embrassait bien...et de plus, il était Sagittaire, comme moi...
à suivre... 

Vraiment ressemblant, même les oreilles...lol



c'est sympa un partage plus un com...oui je sais je suis exigeante!!!! lol...kiss!

vendredi 1 juillet 2016

17 décembre 1950...19



Aux « Nouvelles Galeries » je m’adaptais très bien, au début j’étais surtout au sous-sol à la réserve avec Mr Al et Tafono ! On ouvrait les cartons qui arrivaient toute la sainte journée, et j’allais ranger la marchandise qui concernait la parfumerie, dans une pièce du fond qui nous était réservée.
Je découvrais des merveilles, des parfums luxueux, avec plein d’échantillons qui allaient directement dans notre poche, vu que la magasin n’était pas encore ouvert...on marquait les prix avec une Dimo, tout en bavardant. Tafono nous racontait des histoires de sa jeunesse, de temps en temps nous avions la visite du directeur qui arrivait toujours à pas de loup...c’était surtout à Tafono qu’il s’adressait, pour les autres, c’était juste bonjour de la tête.
Avec maman, nous avions signé un contrat d’apprentissage pour trois ans. Je vais vous en mettre un extrait que j’ai relu il y a peu et qui m’a fait tellement rire que je vais le partager avec vous. Vu que j’avais quatorze ans et demi, mon salaire serait de 50fr par mois la première année, 75 frs la seconde année, et 100 frs la troisième année...bien sûr cet argent serait pour maman qui me logeait et me nourrissait, m’habillait, heureusement que pour l’argent de poche j’avais ma très chère tante Céline. Mais les besoins étaient minimes à l’époque. Au début, car au fil du temps je me mis à sortir le samedi soir et le dimanche avec les copines, pour trouver un copain...rires...
J’avais une copine qui cherchait du travail, elle habitait aussi le Clos des châtaigniers, je lui avais conseillé de venir voir le directeur car je savais qu’il cherchait quelqu’un pour le rayon bas nylon...elle fût embauchée et je me sentis moins seule avec les adultes.
Ma responsable première vendeuse, celle qui venait de Paris, Mr Al l’avait surnommé « Banban » c’était plus facile à dire que son nom de famille, elle faisait partie des rapatriés d’Algérie, physiquement elle avait un look...très parisien, à la Mireille Darc, toute mince et grande, blonde platine, super maquillée, ce fût mon modèle immédiatement ! Déjà parce qu’elle venait de Paris, pour moi, dans les années soixante paris c’était mon « Rêve américain ».
Elle m’apprenait plein de choses, m’avait pris sous son aile, le midi son mari passait la prendre avec une super DS, il était beau à tomber...ils nous raccompagnaient au clos des châtaigniers la Marie et moi.
La chanson tube du hitparade cette année-là c’était « les élucubrations » d’Antoine. Toutes les chansons nous rappellent des époques, c’est pour cela que nous sommes nostalgique, en tout cas moi je le suis.
Comme on n’avait pas un gros salaire et qu’on ne le gardait pas, heureusement qu’on était dans un magasin...pour ce que je vais dire maintenant il y a prescription, surtout que c’était en toute innocence, ce n’est que bien plus tard quand j’intégrais un grand magasin à Paris que je compris ce qu’était « la démarque inconnue ».
Quand on filait un bas, on se servait dans le rayon, et on allait se changer dans les toilettes...sans se cacher, pour nous, la Marie (l’autre apprentie) et moi, c’était normal...sinon nous aurions été obligées d’être jambes nues été comme hiver...voyons ce n’était pas possible...pour le maquillage et le parfum, on avait aussi tout sous la main...jamais l’idée ne nous est venue que ce n’était pas bien de faire ça...il faut dire aussi que personne ne nous disait rien !
Quand on sortait le samedi soir, au début c’était juste au cinéma Palace, on empruntait des choses qu’on rapportait le mardi...si si...
Un jour, même... Tafono nous appela pour nous faire voir ce qu’elle venait de recevoir dans un colis...car il y avait aussi les fringues au premier étage...vous ne devinerez jamais ce que c’était...
Les robe de Sylvie Vartan...vous savez celle en voile avec laquelle elle chante « la plus belle pour aller danser »...il y en avait en trois couleurs, turquoise, blanche, saumon...des pures merveilles, on avait les yeux qui nous sortaient de la tête la Marie et moi !
Bien évidemment pour moi ce n’était même pas la peine que j’essaie, je mesurais un mètre quarante à tout casser...mais la marie, elle, aucuns soucis...
Sylvie Vartan qui était en plein succès yéyé avait sorti une collection de vêtements, et c’était arrivé jusqu’à nous...Quand la Marie a essayé la robe, elle lui allait comme un gant...oh punaise...une vraie princesse...
à suivre... 

regardez la troisième ligne...en dessous de vendeuse...( en bon père de famille) le directeur devait prendre soin de moi en bon père de famille...oh punaise je devrais l'encadrer...hi hi..
écoutez la chanson pour mieux voir la robe...pour ceux qui ne connaissent pas..


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