dimanche 26 juin 2016

17 décembre 1950...



Quand nous allâmes vivre au « Clos des châtaigniers » nous étions à côté de l’hôpital, alors les jeudis, mes deux petites sœurs et moi, on allait la voir. Je n’aimais pas trop y aller, à cause de l’odeur, quand on entrait dans la pièce où elle vivait. C’était des grands dortoirs, avec plein de petites vieilles. La grand-mère, faisait des petits personnages et des animaux en feutrine ou en laine, j’aimais bien la regarder faire, des fois elle nous en donnait, elle n’était pas très causante, alors on ne restait pas longtemps, mais on avait fait notre devoir.
La grand-mère de l’hôpital avec une sœur, rien à voir avec elle, c’était la tante de mon père, elle devait être plus jeune car elle travaillait encore, à l’usine de tissage. Elle ne s’était jamais mariée, maman disait que c’était parce qu’elle était tombée amoureuse du curé...possible, elle était très pieuse, et quand j’allais chez elle, je l’accompagnais à la messe de son village...ha, ma tante Céline, qu’est-ce que je l’aimais, c’était un amour.
Nous avons eu très peu de cadeau de Noël chez mes parents, mais toujours un beau cadeau chez tante Céline, qui nous faisait un beau sapin, alors, dès qu’on avait fini de déjeuner le jour de Noël, l’après-midi on partait tous chez la tante pour regarder ce que le père Noël nous avait apporté. En principe mon père était là, et nous partions à pied, mon père me prenait sur ses épaule, son village était un peu plus loin que la sortie de la ville, au moins trois kilomètres, et autant pour le retour, c’était des vrais moments de bonheur pour moi, mais bien trop rares.
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Un jour, peu de temps après Noël, j’allais avec mon frère chez notre tante Céline, on y allait souvent le jeudi, et c’est sur le chemin qu’il de raconta, que le père Noël n’existait pas, je venais d’avoir quatre ans, puis que je suis née le 17 décembre...Comment j’ai pleuré, tout le long du chemin, tante Céline a eu bien du mal à me consoler, mais vu qu’elle nous donner toujours une petite pièce , pour qu’on s’achète des bonbons...ça doit être ça qui m’a calmé, mais ce fût mon premier grand chagrin...
Les adultes ne se rendent pas compte de la peine qu’ils font aux enfants, les miens n’y ont jamais vraiment cru, faut dire aussi que je ramenais les cadeaux du magasin où je travaillais, il n’aurait pas été facile de les cacher...c’est très bien ainsi, un traumatisme de moins.

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