dimanche 26 juin 2016

17 décembre 1950...11



J’aimais bien l’école mais avec modération. Notre école n’avait rien à voir avec celle de maintenant. C’était une véritable école, il n’y avait même pas un chuchotement dans les classes. Nous écrivions avec le porte-plumes, et, il y avait un encrier encastré dans la table. L’encre était violette. Nous avions un buvard pour sécher les écrits sur les cahiers, tu n’avais pas intérêt à faire des tâches dessus, sinon c’était des points en moins. Tu faisais des catastrophe si tu essayais de gommer la tâche, ça finissait toujours pas un trou dans la feuille, alors après, tu te disais, finalement il vaut mieux laisser la tâche d’encre... !
L’ennuie, aussi avec l’encre, c’est que tu en avais souvent autant sur les doigts, que sur le cahier, on avait une institutrice, hyper sévère...elle avait sa règle, tous les matins en arrivant en classe, après qu’elle nous ait autorisé à nous assoir...nous devions étaler nos mains sur le bureaux, elle passait dans les rangs, et là...les mains sales ou avec des tâches d’encre, se prenaient des coups de règles, et filaient au lavabo à essayer de les enlever avec la pierre ponce...cela ne m’est pas souvent arrivée, car une fois que tu avais eu droit à la règle, tu frottais bien tes mains avec de la javel avant d’aller à l’école...rires...elle faisait le CE 1, par contre, je peux vous dire, que même faisant partie d’une famille pauvre, nous avions le respect de l'institutrice!
Comme quoi, la sévérité et la discipline ont du bon ! Et puis, tous les matins, nous avions une leçon de morale, deux lignes écrites au tableau, qu’on recopiait sur notre cahier du jour avec application.
Je me souviens de quelques-unes...
« Chaque chose a sa place, chaque place a une chose. »
« Le temps perdu ne se rattrape jamais »
« Je dois me laver les dents chaque matin ».
« Je dois me lever quand la directrice entre dans la classe et la saluer »...et d’autre encore, qui ont fait mon éducation.
Le samedi matin, c’était « instruction civique » nous apprenions les vertus de la République, et le respect de la patrie, en apprenant aussi la « Marseillaise »...ce qui m’a ajouté des points pour le certificat d’études, j’aimais bien chanter.
Mes points forts, était tout ce qui concernait le Français. J’étais première en récitation, en lecture, et pas du tout mauvaise en dictée, par contre, tout ce qui concernait les chiffres...j’étais au s’cours...je déteste les chiffres, je suis amoureuse des mots, et je ne comprends pas les personnes qui aiment les chiffres, les mots, c'est tellement plus beau.
Par contre, j’étais surclassée en étourderie...c’est souvent comme ça que j’avais des mauvaises notes, j’étais aussi une sacrée bavarde...alors les punitions pleuvaient, j’avais un cahier de brouillon, uniquement pour ça.
Une fois, il y a une maîtresse qui m’a fait copier cinq cent fois : Toujours prend toujours un S. ce qui fait que je l’ai écrit mille fois...en plusieurs jours...sans doute pour ça que je me suis faite opérer du canal carpien...hi hi...hi...idem pour les «  je ne dois pas parler en classe » à tous les temps...
Un jour, tout en début d’année, mes deux petites sœurs allaient encore à la maternelle, et c’est moi qui les accompagnais, matin midi et soir, nous ne mangions pas à la cantine, ce n’était pas des prix pour maman.
Un midi, je récupère donc les deux gamines, (c’est comme ça que maman nous appelait...) et, en sortant de l’école, ma petite sœur, celle qui est juste derrière moi en âge, ouvre sa main et me fait voir plein de pièces, je me souviens il y avait même une pièce de cinq francs (anciens)...je ne me posais même pas la question pour savoir d’où provenait cette fortune...je n’avais que huit ans...nous filâmes directement à l’épicerie d'Alice qui se trouvait juste à côté...nous y sommes bien restées une bonne demie heure, le temps de remplir nos poches de bonbons, et il restait encore des sous...nous allâmes donc, juste en face, chez celui qui nous livrait le charbon, sa femme tenait une épicerie...les poches pleines à craquer on remontait la ville pour rentrer à la maison, je trouvais un peu bizarre de croiser des enfants qui allaient dans l’autre sens pour repartir à l’école...mais sans plus...

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