dimanche 26 juin 2016

17 décembre 1950



Riche...que c’était curieux...comme pensée, faut dire qu’elle partait de loin...
Elle fut donc embauchée dans une usine de tissage, pas loin du tout du Clos des châtaigniers, elle pouvait même y aller à pied en coupant au travers. Elle passait par « les étentes à linge » un mot inventé par nous, ne cherchez pas dans le Larousse.
Ha ! les étentes à linge, si elles pouvaient parler...surtout le gros chêne qui s’y trouvait...rires...
(De temps en temps je vais passer « du coq à l’âne » mais c’est au fur et à mesure que les souvenirs ressurgissent, une pensée en amenant une autre).
Nous avions une baignoire, elle servait juste le dimanche avant d’aller à la messe, on faisait la « grande toilette » et les trois gamines que nous étions mettaient les habits du dimanche, hé oui, les gens, on avait des habits rien que pour le dimanche et les jours de fêtes, c’était comme ça dans les années cinquante.
Les autres jours, la baignoire sabot, servait à faire tremper le linge, il y avait sur la baignoire une planche à laver, et quand il avait bien trempé, maman frottait et rinçait. Ensuite, avec la bassine et les épingles on allait avec elle étendre le linge, qui était à deux cent mètres de l’immeuble...on lui passait les épingles, on aimait bien. Juste à côté des étentes à linge, il y avait les petites maisons de l’abbé Pierre, construites à la va vite en 1954, on s’était fait des relations avec les habitants, surtout une famille en particulier qu’on aimait bien. Ils avaient la chance d’avoir un jardin alors des fois on en profitait.
En rentrant des "étentes", maman y entrait souvent boire un « jus » en langue normande, et un café en langue française. On les écoutait bavarder, toujours de la même chose, les emmerdes et le manque de fric...et oui, malgré l’usine, les dettes étaient longues à épurer.
Maman était contente de travailler à l’usine, bien sûr, elle et nous, avions changé de statut, mais ce n’était pas facile, ils faisaient « équipe », tu travailles une semaine sur deux, soit le matin, soit d’après-midi...le matin c’était à cinq heures qu’elle commençait, et pour l’après-midi c’était du treize heure vingt-deux heures, avec juste une pause de vingt minutes pour manger le « casse-croute » on ne disait pas encore sandwich... ! Ce n’était pas beaucoup, car dans une usine de tissage il fait très chaud, tu files les rames pour faire des tissus et il faut qu’il fasse sec.
Quand elle rentrait il fallait absolument qu’elle ait sa bouteille de Pschitt...orange, j’imagine comment elle devait trouver ça bon ! Car ce n’était pas des semaines de trente-cinq heures, mais plus proche des cinquante !
Elle était courageuse notre maman, car il fallait s’occuper de la maison en plus, quand elle était d’après-midi, c’était mieux, même si elle ne se levait pas très tôt, elle avait plus de temps pour faire des choses.  Les jeudis sans écoles, on allait souvent à la garderie de l’usine, c’était une ancienne employée qui nous gardait, la mère D......mais on s’ennuyait, dans ce temps-là, on ne s’occupait pas de distraire les enfants pour leur bien-être, rires...quand je vois comment c’est maintenant...
Nous, on préférait aller au « patro » patronage, car là-bas, on faisait plein de choses, du tricotin, du point de croix, des danses,  de la peinture, des habits en papiers pour les kermesses...moi j’aimais bien car on retrouvait les copines d’écoles. Et tout cela, gratuitement. Cela parait fou n’est-ce pas ?
On ne traînait pas dans la rue, nous avions une bonne éducation, car si l’école qui est gérée par le ministère de « l’éducation nationale » en deux mille seize, n’en a plus que le nom ! Nous étions bien élevées par maman, bien éduquée par l’école laïque, et aussi par les religieux.
Mais un jour...la voisine de RDC, la vieille qui servait de concierge, (c’est une image (, monta l’escalier en vitesse, frappa à la porte...pour dire à maman...
-Madame x...je viens de...

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