dimanche 26 juin 2016

17 décembre 1950...



Passé le pont du chemin de fer, je vis au loin maman sur son vélo, qui venait à notre rencontre et, qui était surtout très inquiète...
Une maman inquiète ne peut qu’exploser de colère...surtout en voyant nos bouches et nos poches pleines de bonbons...elle prit ma petite sœur sur le porte bagage, et je vous prie de croire qu’on suivait le vélo en courant de toutes nos petites jambes...pas un mot...elle ne dit pas un mot avant que nous soyons entrées dans la maison.
Avec quoi avez-vous acheté tout ça ???????????
-         Heu...c’est elle qui avait des sous, elle me les a fait voir en sortant de l’école...alors nous sommes allées acheter des bonbons...
Ma petite sœur avoua qu’elle avait pris les pièces qui étaient sur la table de la salle à manger avant de partir le matin...en fait elle les avait volé...que ce passe-t-il dans la tête d’une gamine de quatre ans ? je me suis toujours posée la question, mais bien sûr, la responsable de toute cette situation c’était bien moi, la plus grande.
Après une bonne volée, j’appris que cet argent était destiné à ma grande sœur, pour qu’elle achète ses livres d’occasion pour l’école, puisqu’elle était au collège...maman qui avait eu bien du mal à réunir la somme, vous n’imaginez même pas ! Même ma sœur, qui avait souvent son mot à dire sur notre éducation ne s’était pas gênée pour en remettre une couche...
La punition fût très dure pour moi, maman nous accompagna à l’école, puisque nous étions plus qu’en retard, elle expliqua à ma maîtresse le larcin et lui demanda de me punir...alors, la mort dans l’âme, pendant une semaine je me suis promenée tout autour de la cour à chaque récréation avec dans le dos, une pancarte où il était écrit  «  je dépense l’argent volé ». Au début, toutes les filles me regardaient, et puis elles finirent par s’habituer...ensuite, elles faisaient les tours avec moi en bavardant...
Ce n’est pas étonnant que mes petites sœurs et moi ayons eu des gros problèmes dentaires, en grandissant, avec tous les bonbons que nous mangions, étant donné qu’à chaque visite chez tante Céline, on repartait avec quelques petites pièces...le pire, c’est que la brosse à dent, on ne connaissait pas, seulement quand on partait en « colo ».
L’été, maman, à partir du jour où elle travailla à l’usine, nous envoya en colonie...sur une jolie plage de basse Normandie...moi, j’adorais, mes petites sœurs un peu moins au début, elles étaient petites, j’ai toujours aimé être indépendante, partir de la maison pendant un mois (à l’époque c’était un mois) avec des enfants de mon âge, qui plus est, avec des garçons...c’était trop bien. Surtout à la fin de la colo, où les « mono » nous faisaient faire un spectacle, une fois, j’ai même eu le premier rôle, maman venait nous voir une fois pendant le séjour, c’était bien. Nous faisions des grandes promenades le long de la côte d’Emeraude, le dimanche il nous fallait aller à la messe, maman avait coché la case à l’inscription...les après-midi, c’était plage, dans les dunes, on s’amusait comme des fous, non, on ne courait pas après la baignade.. on préférait ramasser des coquillage nacrés.je ne me souviens pas qu’il y ai eu des grosses chaleurs...rires...pas chaude la Manche...pour goûter, on nous distribuait des tartines de confiture...sur des grandes tranches de pain de quatre livres...le seul problème, s’était le sable...qui collait à la confiture...après on rentrait en prenant un raccourci, c’était des marches et des marches qui n’en finissaient plus...je peux vous certifier, que le soir, pas besoin de nous bercer...le directeur, nous passait des films en super huit, de Charlot, ou de Laurel et Hardy...ce n’était que du bonheur, pour les gamines du Clos des châtaigniers...
En juillet c’était la colo et en août c’était le centre de aéré avec le curé et les religieuses. Nous partions en car le matin, et on passait la journée dans une abbaye en plein bois...
Dans le car, on chantait à plein poumons...mais nous étions insouciantes, et on aimait notre vie, même pauvre.
Là, c’était gratuit, on devait juste emporter notre pique-nique. Toutes les personnes qui prenaient soin de nous étaient des bénévoles. On faisait des jeux de pistes, on adorait, on recevait aussi des amies Allemandes, notre curé, voulait réunir les deux jeunesses, Française et Allemande, c’était quand même un peu plus d’une dizaine d’années après la guerre...une fois, quand j’étais plus grande, je suis même partie en Allemagne, j’en garde un merveilleux souvenir. Il y a deux ans, d’ailleurs, j’ai assisté aux soixante ans de sacerdoce de notre curé...j’ai revue des amies Allemandes, c’était une très belle journée du mois de mai...

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