dimanche 26 juin 2016

17 décembre 1950...



Je rentre de Chez ma fille par le train de Paris, et votre mari était dans le train, il est descendu derrière moi... !
Oh ! La chienlit, après des mois et des mois sans nouvelle, dont une recherche dans l’intérêt des familles, voilà que Mr mon père revenait au bercail, sans tambour ni trompette... ! Maman avait reçu ordre de son avocat de ne pas le faire rentrer dans l’appartement, sinon la demande de divorce serait caduque !
Maman avait fermé la porte à double tours, et nous avions ordre de rester silencieuses. Quand on entendit frapper, maman demanda, qui est là ? – C’est moi !
Maman :
-Tu n’as plus rien à faire ici, tu nous as laissé dans la merde, avec des dettes, je me suis retrouvée toute seule, j’ai  demandé le divorce et tu n’as pas le droit d’entrer chez moi...tout ça à travers la porte bien sûr...avec tout l’escalier à l’écoute.
Lui :
Mais je ne vais plus recommencer....Bla Bla Bla. Arrête, ouvre-moi !
On était toutes les quatre groupées derrière la porte, pas très rassurées, quand ma petite sœur, la dernière, quatre ans à peu près, lui lança...va-t’en ! Nous on ne veut plus de toi aussi ! C’est plus ta maison, tu nous as abandonné !
En entendant cette petite voix pas contente, cela dû le toucher peut être un petit peu...car il redescendit les trois étages, la queue entre les jambes...nous le regardâmes s’éloigner avec sa valise, agglutinées derrière la fenêtre fermée de la cuisine, et maman poussa un ouf de soulagement.
Bien sûr, il ne reprit pas le train pour Paris, mais sans alla chez Tante Céline, le seul endroit qui pouvait l’accueillir, c’était son neveu, difficile de lui fermer la porte, surtout qu’il n’était quand même plus très jeune...
Le lendemain, ma grande sœur fut chargée de lui porter une lettre de maman, où elle lui expliquait qu’après l’avoir fait rechercher, et pour pouvoir toucher les alloc, elle avait fait une demande de divorce, et que bientôt il serait convoqué pour la « conciliation » et, de ce fait ne devait plus remettre les pieds à la maison !
Jamais il ne se présenta à aucune convocation des juges...si bien que maman ne put jamais divorcer, elle fût seulement séparée de corps et de bien au bout de quelques années.
La vie repris son cours...
Quand maman travaillait comme femme de chambre à l’hôtel, elle s’était fait une copine, une gentille bretonne, célibataire...qui cherchait homme à marier.
Maman ayant deux frères, comme je vous l’ai dit au début, elle pensa à présenter son frère aîné, célibataire, « un bon parti pour une femme de chambre »travaillant comme mécano à Paris. Il fut convenue que la présentation se ferait chez nous...je m’en souviens comme si c’était aujourd’hui...il faisait un beau soleil dans la cuisine, je les revois, chacun à un bout de la table, boire un café avec maman au milieu, qui faisait la conversation, car c’était deux grands timides...rires...
La présentation fut concluante puisque quelque temps après, la jolie bretonne fit ses bagages et migra sur Paris avec mariage en vue.
Nous, on aimait bien les cérémonies, c’était le premier mariage auquel on assisterait. Mais bon, qui dit mariage, dit tenues mieux que les habits du dimanche. Heureusement, nous avions une autre grand-tante, mais du côté de maman, tante Matilde...elle était couturière, nous étions donc toujours bien habillée, c’est elle qui avait présenté mon père à ma mère, elle devait se sentir « obligée », quelque part, vu le fiasco du mariage de maman.
C’est donc elle, qui fît nos toilettes, petites jupes blanches, petits corsages blancs col Claudine, jolies petites veste en tweed, c’était un mariage de printemps,  socquettes blanches et ballerines noires vernies. Toutes les trois habillées pareilles.
Le vendredi après-midi, juste la veille de la noce, maman était dans les derniers préparatifs, nous, les gamines on devait être en vacances de Pâques et comme toujours quand il faisait beau, on jouait dehors avec les autres mômes de l’escalier.
Je ne sais plus qui, de la bande, eut l’idée d’aller traîner dans les champs alentours...on adorait se promener dans les champs, on était toujours au minimum une dizaine, il y avait même la chienne « Zezette » de ma meilleure copine, qui ne nous lâchait pas et venait partout avec nous.
Sauf que, allez savoir pourquoi....

 

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