dimanche 26 juin 2016

17 décembre 1950....18



Maman avait finalement acheté sa voiture, c’était celle de son oncle, une super deux chevaux, grise, nickel chrome, c’est qu’il était maniaque le tonton !
Elle n’était pas peu fière, que de chemin parcouru, depuis que Monsieur mon père nous avait quitté.
Pour nous faire plaisir, sa première grande sortie, ce fût de nous emmener au Mont Saint Michel...c’est vrai qu’à l’époque il y avait beaucoup moins de voitures sur les routes ! D’où nous étions, il fallait bien deux heures trente pour y arriver !
Nous voilà donc partie, ma grande sœur à l’avant et les trois gamines derrière. C’était jour de fête, car en plus on verrait la mer...les seules voiture où nous étions monté était celle de nos oncles, une fois ou deux, peut-être, et là c’était celle de maman, j’avais des étoiles plein les yeux, sur la route de vire pleine de virages, la 2Cv nous faisait jouer à la balançoire, on riait comme des petites folles...
Il faut savoir qu’à la fin des années 50, le Mont Saint Michel était entouré d’eau et qu’il fallait connaitre l’heure des marées pour l’atteindre...sauf que...c’est quand nous sommes arrivée presque à l’entrée que la 2 cv est tombée en panne ! Misère, ma mère et ma sœur en robe de sortie, qui n’y connaissait rien à la mécanique...je vous avouerais que j’avais un peu la trouille...et si on était bloqué et que la mer qui allait monter allait nous noyer !
Et comment on allait rentrer ? Alors, maman, avec son plus joli sourire sans doute, trouva de l’aide auprès d’un monsieur...qui nous dépanna...
Je ne vous dis pas comment la journée qui s’annonçait si belle nous avait coupé toute envie d’aller visiter le Mont, sans compter que la marée allait arriver et qu’on avait plus le temps ! Juste celui de repartir dans l’autre sens...quelle équipée...nous ne sommes plus jamais partie aussi loin...et je n’ai revu le Mont que des années plus tard...
Ceci dit, maman garda très longtemps sa voiture, car c’était une super occase.
Vous pouvez partager et laisser un commentaire...si ça vous dit..

17 décembre 1950...17



Maintenant, quand je me tourne vers mes souvenirs d’enfance, je me dis que nous étions drôlement heureuses, même pauvres. Il y avait encore toute cette solidarité d’après-guerre, qui a disparu de nos jours.
Maman, allait bientôt réaliser un autre de ses rêves, s’acheter une voiture. Ma grande sœur avait réussi ses études, elle était devenue maitresse d’école, maman en était très fière, et moi, j’allais bientôt passer mon certif.
Je grandissais, mais j’étais très occupée avec les chanteurs yéyé qui envahissaient les postes de radio, et seulement quand j’avais le temps, je m’occupais des leçons et devoirs, mais c’était au second plan. C’est dingue, comme cette période a changé nos vies de gamines.
J’avais dix ans en mille neuf cent cinquante, il y avait une émission sur Europe N°1 qui marchait à fond, c’était « Salut les copains »...l’école finissait à 16h30, et là pas question de trainer, je trainais mes petites sœurs, pour arriver à 17h pile à la maison, j’allumais le gros poste TSF qui avait un super son, et là, j’écoutais le « hit-parade » !
C’était un moment hyper important, il y avait le classement, Chansons françaises, chansons anglaises.
Pour moi, cette période faste à vraiment commencé en 1962...cette année-là, les premiers du classement étaient Johnny, avec «  l’idole des jeunes » ensuite, Sylvie, avec « tous mes copains » richard Antony «  j’entends siffler le train » Claude François « belles belles belles » Leny Escudéro « Ballade à Sylvie », (je croyais qu’il l’avait écrite pour Sylvie Vartan...rires...) !
Très belle année 1962, « les pieds noirs rentraient en France » C’était la fin de la guerre d’Algérie, dans ma petite province, les filles étaient contentes car les fiancés rentraient à la maison, ils allaient pouvoir construire leur vie, il y avait du travail à gogo, tu quittais un patron le vendredi, le lundi tu en avais trouvé un autre ! Cela fait science-fiction en deux mille seize, c’est sûr !
Pendant les récrées, avec les copines, on apprenait les chansons par cœur et on chantait ! Quand j’allais chez tante Céline et qu’elle me donnait quelques pièces, ce n’était plus pour acheter des bonbons, mais des 45 tours. Ce qui était marrant dans l’histoire, c’est que nous n’avions pas de tourne-disques alors j’allais les écouter, chez ma meilleure copine qui habitait l’étage au-dessus, celle que sa mère faisait trop bien les tartes aux fraises !
Vu que sa grande sœur travaillait à l’usine « Philips » elle avait tout le confort chez elle, Frigidaire, machine à laver, mais le plus important pour moi, c’était sa télé noir et blanc, et un tourne-disque.
Ma copine c’était Johnny qu’elle adorait...la fenêtre de sa chambre grande ouverte, la musique à fond, on les écoutait en boucle ! Tout le quartier pouvait en profiter, mais bon, la puissance n’était pas excessive, rires...c’était en « mono » pas en stéréo...pas d’enceintes...et oui, les jeunes si vous passez par-là...mais ça nous suffisait amplement, vu que moi, je n’avais rien, c’était déjà bien !
J’achetais aussi le journal « Salut les copains » les grands posters de nos chanteurs sur les murs de la chambre, au début, maman râlait, mais elle a vite rendu les armes.
Avec ma copine, on faisait des albums dans des chemises en carton, on découpait, on collait, tous les potins qui concernaient nos idoles !
Le mercredi soir, comme on n’avait pas d’école le jeudi, j’allais chez ma copine regarder « Age tendre et tête de bois » avec Albert Raisner...en noir et blanc, c’était un régal, on était insouciantes, heureuses avec pas grand-chose, on ne faisait pas de cauchemars, nous avions la tête dans les étoiles. Qu’elle époque géniale !
Je reconnais que nous, les enfants des sixties, nous avons eu une très belle jeunesse, mais, bon, c’était les trente glorieuses...les enfants d’aujourd’hui ne connaitront jamais des temps aussi heureux, et ça me rend triste.
Je suis loin d’être timide, par contre, je n’ai jamais été sûre de moi, toujours très complexée de mon manque de savoir.
Faut dire que, lorsqu’on te répète à longueur de temps que tu es bête, car tu as un petit front, ce ne sont pas des mots qui te permettent d’avancer dans la vie et de faire valoir les qualités que tu pourrais avoir.
C’est une blessure qui m’a été infligée dans mon enfance, et qui m’a beaucoup blessée et qui malgré le temps qui a passé ne s’est jamais refermée.
Sans doute pour cela que je ne me suis jamais battue pour avancer vers d’autres rives, que je me suis toujours sous-estimée. Pour moi, tout était perdu d’avance.
Je n’ai plus aucun lien avec la personne qui m’a fait du mal, mais je sais que sa vie n’a pas été heureuse, même si c’est une piètre consolation, c’en est une quand même.
Alors, quand le jour du certificat de fin d’études arrivé, j’avais un peu la trouille d’être recalée, surtout que le calcul et moi, nous étions fâchés.
J’avais ma meilleure copine, celle qui était fan de Johnny, son nom commençait par JA, et le mien par JE, le classement était par lettre alphabétique, elle était super douée en math, j’avais une chance sur deux pour qu’elle soit devant moi ou dans l’autre rangée.
La chance du jour, elle était juste devant moi, alors quand on est arrivée au problème de robinet...elle a glissé discrètement son cahier sur la droite pour que j’arrive à lire...et oui, j’ai triché, mais juste pour le problème, pour le reste ça coulait tout seul. Rires...
J’ai même eu une super note quand j’ai chanté la Marseillaise...je l’ai eu haut la main...je n’étais pas peu fière, punaise ! Mais bon, le certif, ça ne valait pas le brevet ou le bac, à cette époque, mais j’avais réussi un examen assez difficile et avec ça je pourrais apprendre un métier.
Un métier, je savais depuis des années que je voulais être coiffeuse...mais même ça, on me l’a refusé. Je me souviens que maman avait juste demandé à sa coiffeuse, qui lui a dit qu’elle ne prenait pas d’apprentie...mais elle n’a pas cherché plus loin...
Depuis l’âge de 12 ans je faisais toutes les mises en plie des bonnes femmes de l’escalier...gratuitement bien évidemment elles étaient toutes fauchées. J’avais appris toute seule, et je me coupais aussi les cheveux moi-même, c’est dire si ça me plaisait...
Alors, maman, ne chercha pas plus loin et me fit engagée dans une usine de confection...l’HORREUR ! J’y suis allée le matin et jamais retournée...pourtant j’aimais bien la couture, mais ça n’avait rien à voir avec celle que je connaissais, celle de ma grand tante que je passais des heures à la regarder coudre...pff !
Bien sûr, je n’ai rien dit à maman, dans l’immédiat. Et puis j’ai bien été obligée d’avouer, alors, je lui dis que je préférais être vendeuse...là encore, erreur de casting...elle m’emmena dans une boutique de layette de la rue principale, pour que j’apprenne la vente, l’autre apprentie devait partir en septembre et je devrais la remplacer...beurk ! J’ai dû faire une semaine, pas plus, je détestais l’ambiance (garde à vous) ranger les fringues, ne pas parler, pire qu’à l’école...pas de ça pour moi, hors de question !
Ma meilleure copine, elle, avait trouvé une place dans une usine de bonbons, pas en apprentissage, elle avait une vraie paye !
J’avais appris, qu’un grand magasin allait ouvrir dans la « grand rue »...il replacerait un magasin de vêtements assez chers de la ville. Je me payais le culot, moi toute seule, d’aller demander s’il pourrait m’embaucher...on me dit qu’il fallait prendre rendez-vous avec le nouveau directeur, mais que je devrais venir avec ma mère ou mon père...
J’y trainais ma mère, nous fûmes reçues par un monsieur chauve, légèrement bedonnant, pas très grand, avec des lunettes, assez jeune, qui avait l’air d’être, ni gentil, ni méchant. Je dû lui faire bonne impression, car il me prit tout de suite en contrat d’apprentissage... !
Au moins, je verrais du monde, plus que dans la boutique de layette, hi hi !
Je devais commencer en septembre 1965, le nouveau magasin n’étant pas ouvert, j’aiderais à la préparation de l’ouverture, la mise en rayon etc...le gentil ni méchant directeur m’avait demandé qu’est-ce que j’aimerai vendre...ma réponse fût directe, la parfumerie !
Je me suis plus tout de suite dans cet environnement, de grands préparatifs, de fébrilité, de travaux de finissions. Les gens qui travaillaient étaient tous gentils. Il y avait Mr Al, il ressemblait à Antony Quinn...il était manutentionnaire, puis il y avait Mademoiselle Taffono...la chef de la réserve du sous-sol. C’était un amour, elle m’a bien appris mon travail, elle vivait avec sa maman qui était cardiaque.
Peu de temps après mon arrivée, le directeur me présenta ma responsable de rayon, la vendeuse titulaire de la parfumerie. Elle arrivait de Paris...Paris, qui me faisait rêver...
A suivre...

17 décembre 1950...16



Si bien que des fois...je faisais des paries avec mes deux petites sœurs...
Quand nous étions presque arrivées devant l’église, je leur disais, si l’aiguille de la pendule est sur le 6, « l’école commençait à 8h30 »...on ne rentre pas... ! Les gamines m’écoutaient vous pensez bien...
C’était surtout quand les beaux jours arrivaient, que j’avais envie de liberté...j’ai toujours détesté les contraintes, un peu, bien sûr, mais pas trop, et des fois c’était le trop qui prenait le dessus...Alors on allait même jusqu’à la grille, et nous passions juste devant, même pas en se cachant...j’étais téméraire, quand même, rires...
Bien sûr, il fallait occuper la journée, pas question de rentrer à la maison, où il n’y avait personne, puisque maman travaillait et de toutes façon, nous n’avions pas les clés. Alors, le seul endroit où je savais que nous serions bien accueillies, c’était chez tante Cécile...mais à pied c'était loin...
Nous avions le choix entre deux parcours, un plus dangereux, une grande route "route de Messei" où passaient camions et voitures, mais plus court, et l’autre, par les petites routes de campagne, beaucoup plus sympa mais bien plus long.
C’est souvent celui-là qu’on prenait, nous passions devant les abattoirs, où nous entendions avec effroi les cris des animaux, mais ensuite, un peu plus loin, il y avait une petite rivière, toute belle et toute propre...on se trempait les pieds, on cueillait des fleurs pour tante Cécile, bref, on prenait notre temps...
Il devait être pas loin de midi quand nous arrivions chez notre tante...on sonnait à la cloche, et quand elle nous voyait, elle avait du mal à comprendre pourquoi nous étions là, puisque ce n’était ni un jeudi, ni un dimanche, et que nous avions nos cartables...
Alors sans me démonter, je n’étais pas à un mensonge près...j’inventais une excuse bidon...genre la maitresse n’était pas là....
      - Et votre maman...elle est au courant ? Ben oui ! Tss tss...oh la menteuse!!!!
Alors là, c’était bien, elle nous faisait à manger, je ne sais plus quoi, mais ce n’était pas le plus important...ensuite on allait jouer dans le jardin. Ha! le jardin de tante Cécile, je l’aimais bien, on y plantait des fleurs, on jouait à la dinette, derrière la maison, ou on jouait à se rencontrer...moi, je partais dans un sens, et les deux gamines dans l’autre, on riait beaucoup...et on se faisait presque peur...comme quoi, on s’amusait avec pas grand-chose, et surtout en plein air.
Vers quatre heures, on repartait dans l’autre sens, après avoir eu un bon goûté...ça faisait une sacrée journée, pas besoin de nous bercer le soir...maman n’en a jamais rien su, il faut dire qu’il n’y avait pas le téléphone, et que dire un mensonge à la maîtresse le lendemain, n’était absolument pas un problème...
J’aimais bien mentir... je devais tenir ça de mon père, ça s’est passé en grandissant, heureusement...et puis comme on allait à confesse à l’époque, je me faisais pardonner avec un acte de contrition, un Notre Père et un je vous salue Marie...
Tante Cécile, était la grand-mère que nous n’avions pas...c’était un amour. Dès qu’on était en vacances on allait souvent y dormir, toutes les trois.
Sans la prévenir, on débarquait, à pied, avec nos poupées, nos dinettes, dans les filets à trous, pas de pyjama, pas de brosse à dent...hi hi...de toute façon, chez tante Cécile, il n’y avait ni eau, ni WC, Elle allait chercher des seaux d’eau à la pompe du village, et on se lavait dans une cuvette émaillée, juste « la goule » et les mains, en Normandie on dit « la goule » pour parler du visage...
On adorait dormir dans les lits de tante Cécile, des lits à l’ancienne, avec un énorme édredon en plumes. Elle nous mettait un traversin contre le mur, elle appelait ça, un petit « Cottin », c’était pour ne pas qu’on se cogne dans le mur, et elle mettait des chaises de l’autre côté pour pas qu’on tombe.
Qu’est qu’on dormait bien, collées les unes contre les autres sous la plume.
Une fois que nous étions au lit, notre tante commençait à se préparer pour la nuit, c’était une vraie cérémonie, qui nous faisait rire, en fait elle se déshabillait, mais se rhabillait avec d’autres choses, elle mettait des genouillères, des chaussettes, une chemise, un vieux gilet...un filet sur ses cheveux, et le plus drôle, c’est quand elle mettait son dentier à tremper dans le verre...
On était tellement excitées d’avoir ri, qu’elle avait du mal à nous calmer...elle nous disait, allez, il faut dormir mes petites, et on riait encore plus car elle zozotait sans ses dents...
Des fois, elle nous faisait dire le « je vous salue Marie » et on s’endormait tranquilles...et heureuses.



17 décembre 1950...15



Dans les années cinquante, il n’y avait pas encore de locomotive électrique, mais celles avec la vapeur, qui marchaient au charbon, quand nous passions au-dessus du pont de chemin de fer, quatre fois par jours, on attendait que le train qui venait de Paris passe en dessous, et notre grand plaisir était de se retrouver dans le nuage de vapeur...souvent chaude...et ça nous faisait rire ! Il en fallait peu...
Maman, n’a jamais été une grande cuisinière, mais quand les fonds allèrent mieux, on eut droit à la viande, une fois par semaine, le dimanche...c'était, un dimanche poulet et un dimanche rosbeaf, c'était équilibré!

Maman avait pris l’habitude, de nous envoyer, porter le repas chaud à notre chère tante Cécile. Comme toujours, c’était celle du milieu qui était de corvée, donc moi, plus tard mes petites sœur y eurent droit.
Maman préparait l’assiette, qu’elle attachait avec un torchon, et mettait ça dans un cabas...vous savez, ceux en espèce de toile, avec des poignées cuirs ou plastiques, je sais plus...ou bien des fois c’était plus scabreux, c’était dans les filets à trous...fallait faire attention de ne pas renverser la sauce. Je l’accrochais au guidon du vieux vélo bleu...c’était folklo, mais ça valait le coup...de voir comment tante Cécile se régalait. C’était une vieille dame mince et grande...dans mon souvenir de petite fille.
Souvent, je restais avec elle pendant qu’elle mangeait...elle disait toujours la même chose, c’est exquis ma petite Joëlle, tu diras à ta maman que c’était exquis...maman n’ayant jamais brillé pour ces qualités de cuisinière, mais c'est sans doute pour ça que mes deux plats préférés sont Rosbif purée, et poulet frites!
Je repartais souvent avec une pièce de 100fr anciens...1€ maintenant mais pas du tout la même valeur, pour me récompenser du déplacement, c’est qu’une gamine de neuf, dix ans, ça pouvait en faire des choses avec une somme pareille...en ce temps-là
Mon truc à moi, pour dépenser les sous, c’était les affaires d’école, les porteplumes, les cahiers, j’aimais bien m’en acheter, même si je n’étais pas une élève brillante !
Je n’ai jamais mordillé mes crayons, comme souvent mes voisines de table...j’aimais les garder neufs.
Arrivée au CM1 nous eûmes le droit d’utiliser les stylos billes uniquement sur les cahiers de brouillon, fini les punitions au crayon papier, la bille glissait toute seule et j’allais bien plus vite...rire !
Un jour, même maintenant je ne sais toujours pas pourquoi, j’ai seriné maman pour qu’elle nous change d’école ! Le choix étant réduit, il y avait l’école Roland, la plus près de chez nous, et l’école Sévigné, qui se trouvait à l’autre bout de la ville...ce qui ferait, qu’on mettrait le double de temps, sauf que....on mangerait à la cantine...
Je dus être très convaincante, car maman finit par céder, et nous inscrivit pour ma rentrée en CM2 à l’école Sévigné. Mes petites sœurs durent suivre le mouvement, je ne leur avais d’ailleurs pas demandé leur avis...c’était une lubie de ma part...de toute façon, je n’aimais plus l’école Roland...on m’avait fait redoubler une classe, avec une maîtresse pas gentille du tout ! La « Dupont blonde » oui, on l’avait surnommée comme ça car il y en avait une du même nom, mais qui avait les cheveux noirs, il y avait donc, la « Dupont blonde et la Dupont brune ».
Comme j’étais du mois de décembre, la directrice avait dit que ce n’était pas grave. Mais pour moi deux années de suite avec la même c’était sans doute trop ! Surtout en punitions, je pensais sans doute me refaire une virginité, dans la nouvelle école, ne sachant pas que mon dossier scolaire me suivrait partout où j’irais...
Le seul ennui  c’est que je n’allais plus avoir les mêmes copines...mais comme ce n’est pas la timidité qui m’étouffait, j’en aurais d’autres...
J’aimais bien ma nouvelle école et ma nouvelle maîtresse,madame Laillée elle appuyait fort sur les sons, pour qu’on évite les fautes...comme la dictééééééée...ma petite sœur se retrouva seule dans une autre maternelle et l'autre dans la même coure que moi.
le midi on se retrouvait à la cantine. Elles avaient du mal à faire le chemin pour arriver jusqu’à l’école, avec leurs petites jambes...et nous arrivions souvent en retard. surtout qu'on papillonnait en chemin...genre, on sonnait aux portes et on partait en courant...des trucs de mômes.
Je détestais arriver alors que la coure était vide, si bien que des fois...
        rien n'a changé, la classe du haut celle de Madame Laillé